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Podar

Podar, pouda  « tailler, tailler la vigne; trancher, élaguer ». Etymologie : latin putare « tailler »  devenu potar déjà en latin vulgaire. En latin classique putare signifie « nettoyer, éplucher, peigner (la laine) » et dans le milieu viticole cela devient « tailler la vigne ». Il est conservé tel quel autour de la méditerrannée: catalan, espagnol, portugais podar, italien potare.

En galloroman  podar  vit en occitan et en franco-provençal. Dans la langue d’oïl il a été remplacé par le type taliare.
Podar
est la base d’une série de dérivés comme poda « serpette pour tailler la vigne »,  poudé (Alès)ou poudetto « serpette », podador, poudaire « vigneron qui taille la vigne », poudar « grande serpe ». D’après l’abbé de Sauvages, elle est emmanchée d’un long bâton et sert à tailler les haies, les charmilles du jardins ».  Les  poudïos  sont  les « scions qu’on retranche d’un arbre; sarments ». Dans le Périgord on a créé le verbe poudassá « mal tailler ».

poda   le  poudar

Qué poudo lon, béou un an, que poudo court, béou toudjour «  « Celui qui taille long, boit un an, celui qui taille court, boit toujours » en patois de Valleraugue (Gard).

Plantolièr, plantolièra

Plantolièr, plantolièra « pépinière de châtaigners, de mûriers, de choux, d’oignons, de poireaux »(Alibert).

Une première et unique attestation dans le Compoix de Valleraugue (1625) : « et plantholier de castagniers » (tome 2 page 22). Quelques attestations en occitan moderne (voir Google), et plantolou à Agen.

Plantolièr, plantolièra est un dérivé du verbe plantare « mettre une plante en terre ». Le suffixe -ol- avait autrefois la valeur d’un diminutif  d’après Alibert, p.35,  et le suffixe -ariu > -ier, -iera sert à créer des substantifs abstraits.

Planta « plantation », qui vient du verbe latin plantare ,  est un bon exemple de l’intérêt de l’étymologie  » histoire des mots ».     Les Romains n’avaient pas la notion plante au sens « Être vivant appartenant au règne végétal ». La notion « règne végétal » n’apparaît qu’au XIIIe siècle en latin médiéval, et au XVIe siècle en français et en occitan. En latin classique planta, -ae, déverbal de plantare « planter » ne désignait qu’une bouture à planter, puis un jeune plant, à côté de herba qui ne recouvrait que partiellement la notion actuelle de plante puisqu’il excluait les végétaux désignés par arbor « arbre ».

La question qui se pose est de savoir si cela implique une certaine vision du monde que la langue nous impose. Un autre exemple : un avunculus « frère de la mère » n’a pas le même statut qu’un patruus « frère du père ». Est-ce que pour nous la protection des animaux inclut les pucerons  « non », les abeilles  « oui », les papillons  « eh.. »?

Une jolie image d’un plantolier moderne à Genolhac (30) :

          

et une plante de pied de Marilia Fayh (goldebicicleta)

Latin planta signifiait « bouture, etc.» mais aussi « plante du pied ». Ce dernier s’explique par le fait que pour planter on foule la terre avec la plante du pied. Ce sens vit aussi en italien pianta, en catalan planta des peu où s’est développé le sens « habitation du rez-de-chaussée » et en espagnol llanta «jante d’une roue ».

Pichon, pitchoun

Pichon, pitchoun et pichouline « petit » viennent d’ une racine pitch- dont nous trouvons des représentants en occitan, en franco-provençal et plus au nord jusqu’en franc-comtois et dans l’Ouest jusqu’au Nord de la Loire. En dehors du galloroman  nous le retrouvons  dans les parlers italiens, par exemple le ligure pchitu, jusqu’en serbo-croate et en albanais.(Z 15, 112;Z 54,488).

Une variante se trouve déjà au Ier siècle chez Martial pisinnus qui s’en sert avec le sens « garçon ». Les formes avec –i-,   pitch , sont beaucoup plus fréquents que les formes avec –e- petch-, pech-.

Le dérivé le plus connu à Manduel est La Pitchouline, le bulletin de communication de la mairie. Ailleurs c’est une « variété d’olive, bonne pour être confite » En marseillais la pichoulino a un bout pointu et on la mange marinée. Elle est mentionnée comme olive picholine dans le dictionnaire de l’Académie de 1835, le  masculin  picholin désigne l’arbre.  A Bayonne un pitchoun est un « gagne-petit, rétameur ».

La picholine : Originaire de Collias, petit village gardois, c’est la principale variété française d’olives vertes mais c’est lorsqu’elle est bien noire et pleine d’huile qu’on la ramasse pour en faire la fameuse huile d’olive Picholine. Huile de si bonne qualité qu’elle est en passe d’obtenir l’appellation d’origine contrôlée.

Pisar

Pisar « battre les chataignes » du latin *pinsare « broyer »‘.

Autrefois on frappait des sacs revêtus d’une peau de mouton et remplis de chataignes sur un billot. Dans une page d’images  du Musée des vallées cévenoles il y a un dessin de l’utilisation  d’un  sà pisadou. En languedocien appelés des sa pizadou  ou pisador,   dérivé d’un verbe *pinsiare « piler, broyer », devenu  pizar en ancien provençal, qui a donné dans le Gard et en Ardèche  pisár avec une spécification du sens « décortiquer les châtaignes en les battant ».

Un pizaire devient ainsi « celui qui décortique les châtaignes ».

A la même famille de mots appartiennent  piza « auge en pierre à huile », attesté dans le Gard au XIVe siècle, piso « auge ; lavoir » (Alès) et pisouót « petite auge pour la volaille »(Aveyron).

Français piser « battre la terre » est emprunté au lyonnais à l’époque de Voltaire. Nous constatons de nouveau que les mots s’adaptent aux besoins des locuteurs.

Une description intéressante dans Le-Musee-des-vallees-cevenoles  à Saint-Jean-du-Gard.

Pastenaga

Pastenaga « carotte ».  En ancien occitan comme en occitan moderne pastenaga signifie «carotte»; le mot a été emprunté au latin pastinaca « panais, carotte ». Cf. Wikipedia panais  « pastinaca sativa ». (FEW t.7, p.756a)

Le mot gallo-roman s’est répandu dans toute l’Europe sous des formes plus ou moins savantes, p.ex. néerlandais pastinaak, pastenaak, allemand Pastenach.