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issart

Isart, isar « terrain défriché est souvent un toponyme.

Babune babuno « petite pluie, bruine » voir bavard
Brega, brego ‘lèvre...

Ce qui frappe en étudiant la répartition géographique de ces attestations est le fait qu’elles se trouvent sur une très grande étendue, des Cévennes jusqu’à St.Maximin et Hyères, avec une certaine concentration dans le triangle formé par Avignon, Nîmes et Arles. Le fait que brega est attesté à St.-André-de Valborgne, un village isolé des Cévennes, pourrait nous suggérer qu’il s’agit d’un mot fossile. Mais St.-Maximin et Hyères ne sont pas des lieux isolés.Pour en savoir plus, j’ai cherché le mot brego dans le Trésor de Mistral :

Dans les exemples et expressions qu’il fournit, on voit bien qu’ à la campagne c’est un outil, un brisoir de chanvre, sens qui a disparu avec la disparition de la culture du chanvre, en ville par contre le sens « bouche, mâchoire » est dominant.

Terraire, terroir Terraire « terroir » vient du latin territorium « territoire ». Avec ce sens...

Saou trissa "sel fin"

Saou trisso « sel fin »; tris, trissa adj. « pilé, broyé »est un dérivé du verbe trissà« piler, broyer » issu du latin *tritiare « frotter, piler, broyer ». Les représentants de *tritiare se trouvent en espagnol triza, hacer trizas « casser en mille morceaux », catalan estrijolar « broyer » en occitan et dans l’Est de la Galloromania jusqu’en Champagne et les Ardennes.

Le -ss- dans beaucoup de formes galloromanes doivent s’expliquer par une assimilation à l’adjectif tris.

 

Trigoussá, estrigoussá

Trigoussá, estrigoussá « tiraller quelqu’un, secouer avec violence » voir estirgonha

Trigar

Trigar « tarder, se faire attendre ». Etymologie : du latin tricare , cf.estirgonhá

Trido, trida

Trido, trida « draine, grosse grive ». La trido est   surtout connue des chasseurs.Voir l’article grive draine de Wikipedia, d’où cette photo:

Trida Wikipedia Turdus_viscivorus_in_Karpacz_Poland

Dans un glossaire anglosaxon- latin du VIIIe siècle est écrit : trita : drostle. ( anglais moderne throstle, thrush « grive »). L’auteur du glossaire a dû connaître le mot trita en Gaule, parce que ce nom pour la grive n’apparaît nulle part ailleurs. Trita est certainement d’origine onomatopéique.

 En Gaule nous trouvons deux formes: dans l’Ouest, de la Normandie jusqu’en Saintonge et dans le Berry le type trĭta avec un –ĭ – court qui a abouti à treie, traie, et en occitan le type trīta avec un ī long, qui a abouti à trida, trido, trio. Voir Thesoc « grive » et « draine » pour la répartition géographique, qui complète le FEW XIII/2, p.303 trita.

Estrida

Estrida « briser et éparpiller les mottes de fumier » et l’estridaire à Laguiole dans l’Aveyron. Voir tride

Tride, trida

Tride, trida adj. « arable, meuble (terre); court et clair en parlant du foin dans le Queyras » (Alibert); tridat « broyé » (Queyras, Alibert).

Les représentants de tritare « broyer » avec le maintien régulier du -d- intervocalique sont très rares. Il y a le verbe estrida « briser et éparpiller les mottes de fumier » et l’estridaire à Laguiole dans l’Aveyron.
Triar « trier ». Dans toutes les autres attestations ce -d- intervocalique a disparu : tria(r), comme dans la langue d’oïl : trier « disperser; séparer le bon du mauvais ». Les attestations en occitan de triar sont très anciens, de sorte qu’il est impossible de supposer un emprunt à la langue d’oïl pour expliquer la forme sans d-. Le FEW suppose que ce -d- a disparu par dissimilation avec le t- initial. D’autres cas de disparition du -t- intervocalique sont donnés par Anglade : potestate > poestat, Aquitaniam > Guiana.

Il y a peut-être un lien avec le germanique treten « fouler avec le pied »?  Je pense qu’il doit y avoir eu à une époque très ancienne une confusion entre les verbes *tridare « broyer » et treðja « broyer, écraser avec les pieds », ou gotique trudan, ancien nordique troða, ancien suédois troþa. Cf. Grimm s.v. treten 1 et 2 qu’il traduit par « conculcare« .

Tribla

Tribla « truelle » cf. tibla

Trèva

Trèva s.f. « fantôme, revenant » trêve en fr.reg. (Lhubac).

Irlandais treb « habitation, gallois tref, et ancien breton treb « quartier d’un village » permettent de supposer qu’en gaulois a existé une racine *trebo- « habitation », à partir de laquelle on a formé le verbe *trebare « habiter ».

De là naît en ancien occitan le verbe trevar « fréquenter un endroit ou quelqu’un;  y passer souvent ». Ce sens est conservé à Vaux dans l’Ain quand on parle des animaux sauvages. En dauphinois treva signifie « fréquenter, habiter » mais le plus souvent quand on parle des fantômes, et treva devient « hanter » le seul sens donné pour Die en 2002 par Han Schook. En provençal trèva signifie aussi « avoir des rapports sexuels avec une personne de l’autre sexe ». En provençal pas non plus de fantôme dans le trevanço « action de faire la cour à quelqu’un ».

trevar

En languedocien par contre le centre du champ sémantique est le fantôme qui « revient, rôde ». Gilbert Lhubac m’écrit le 01.01.10, le complément d’information suivant :  » juste une petite remarque pour « treva« : Mon pére désignait aussi sous ce terme une femme quelque peu excentrique, ou « évaporée », voire provocatrice: aquela femna es una polida treva ! Et le francitan conservait le terme: cette femme est une drôle de trêve.

A partir de Cahors vers l’Ouest, le fantôme disparaît le plus souvent du champ sémantique; à Ussel par exemple triva est « aller et venir, en parlant  des abeilles ». 

En aoc. a été créé le dérivé treu s.m. « chemin ou lieu par où on passe » conserve dans languedocien trèu « trace » (M). En général  les significations de trèvo, trèvad, trèba tournent autour du   » fantôme, du  spectre, des bruits nocturnes dans des maisons inhabitées, etc. ».

Les chasseurs utilisent le verbe atriva, atrevar « attirer, appâter » dans un atrivadoù « lieu où on place l’appât ».

atrevadou