Fanny 13-0
Fanny, une abréviation pour tafanari.
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Fanny, une abréviation pour tafanari.
Poussette dans la pétanque a un sens plus proche du latin pulsare « heurter »: « petite poussée. Fait de pousser légèrement une boule avec une autre boule. » ( René Domergue, Avise, la pétanque!). Le mot poussette « action de pousser » existe aussi en français, où elle a un sens péjoratif dans les jeux de hasard et le cyclisme, mais pas dans le ping-pong. Voir le TLF s.v. poussette
Il est pas possible de savoir si les dérivés en –et, -ette , comme poussette, triplette, doublette ont été créés dans le domaine d’oc ou le domaine d’oïl, parce que ces suffixes sont vivants dans les deux langues.
Je renvoie les linguistes à l’étude de Marc Plénat, Brèves remarques sur les déverbaux en -ette. et
Mène « manche dans une partie de jeu de boules ». René Domergue Avise, la pétanque! donne une définition très précise :
Une mène : temps entre le lancer du petit et le lancer de la dernière boule (plusieurs mènes dans une partie).
En dehors du milieu bouliste et des joueurs à la belote le mot doit être rare. Même Google ne donne que très peu d’exemples.
Dans les dictionnaires de l’occitan il y a plusieurs mots mèna, mène, mais aucune signification qui s’approche de « manche dans un jeu »1.
Elle cite le travail de Gaston Tuaillon 3 qui a donné la définition suivante pour le mot mène dans le parler franco-provençal de Vourey (Isère)
Un aller (ou un retour) dans un travail comme les labours ou dans un jeu comme le jeu de boules où l’on ne cesse d’aller et de venir ».
La première attestation de ce sens en ancien occitan est mena « manière d’être » ( XIIe-XIIIe s.), qu’on retrouve en italien, chez Dante mena « condition, sorte ». En occitan moderne, c’est l’expression de bouono meno « de bonne qualité » qui domine.
L’étymologie serait alors le verbe menar « mener, conduire, accompagner, exploiter un domaine agricole » du latin minare « conduire ». Un dérivé de menar, menada signifie « ce qu’on mène en une seule fois; quantité d’olives qu’on détrite en une fois » (Alibert). Le même sens est aussi attesté pour le mot voyage (Mistral, Champsaur)
Je crois avoir trouvé une autre explication de l’évolution sémantique que celle proposée par G.Tuaillon. Je pense que le passage du mot mèno dans le milieu bouliste, est parti de l’expression de bouono meno . L’équipe qui a gagné « a fait un jeu de bouono meno, et pour ne pas vexer l’équipe adversaire, il faut admettre qu’eux aussi ont fait une bouono meno. Une mène est par conséquent toujours bouona.
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Palet « Pierre plate et ronde ou petit disque en bois ou en métal, que l’on doit lancer le plus près possible d’un but ». Faire un palet = faire un carreau « déquiller la cible » doit être une utilisation spéciale du mot palet dans le jeu de boules, puis depuis 1907 dans la pétanque. René Domergue Avise, la pétanque donne la définition suivante:
En toute rigueur bouliste c’est comme un carreau mais la boule touche terre un peu avant la boule visée.
Wikipedia fournit les renseignements suivants:
et
TLF : 1306 Palet «pierre plate et ronde (ou petit disque de métal) avec laquelle on vise un but marqué (dans un jeu)» (Guillaume Guiart, Royaux Lignages, I, 5311 ds T.-L.);
Pour le moment il n’est pas possible de savoir s’il s’agit d’un mot d’origine occitane ou française. La première attestation en occitan date du XVe siècle. (Mais il y a encore beaucoup de travail pour les philologues occitans !!) . Palet est un diminutif de pale « pelle », dérivé du latin pala « pelle ». La forme avec un –a- au lieu de –è-, indique qu’elle est peut-être empruntée à l’occitan (limousin). Comparez avec ala > aile et le diminutif ailette.
Le mot palet a beaucoup d’autres significations en occitan.
Dounado « espace le plus propice où envoyer la boule lorsque l’on porte. » (René Domergue, Avise, la pétanque!) Dérivé du verbe donare « donner ». Le mot français donnée est d’origine occitane. Donado signifie d’abord « portion de nourriture donnée aux animaux ». Donado a été emprunté par le français > donnée « ration de feuilles de murier qu »on donne aux vers à soie » et ensuite, au fig. « condition déterminée proposée dans l’énoncé d’un problème » (abrégé de quantité donnée) depuis 1752.
Le sens spécifique de dounado dans la pétanque est assez proche du sens au figuré du français, ce qui permet de supposer qu’il s’agit également d’un emprunt à l’occitan.
Porter de l’occitan pourta(r) a un sens très spécifique en pétanque : » envoyer une boule assez haut pour qu’elle tombe sur une donnée prévue pas trop loin du bouchon et qu’elle roule très peu. » (René Domergue 2012)
Chicar, chiquer « taper sur la tête (la cabucèle, le closc) de la boule adverse » (René Domergue, Avise, la pétanque!) vient d’une onomatopée tŠikk– qui imite le bruit d’un coup. Un chic est un « coup sec et sonore ». A Alès faire chico « rater (fusil) ». Le verbe chica(r), devenu chiquer en français régional, est attesté à Puisserguier avec ce sens. En provençal chicá a pris le sens « bavarder, jaser ». Les significations qui sont le plus proche de l’onomatopée d’origine se trouvent surtout dans le domaine occitan, ce qui permet de supposer que le sens spécifique dans le jeu de boules de chiquer est d’origine occitane.
A la même famille appartient l’occitan chicarrot « mortier de pâte d’argile que les enfants font claquer en le lançant sur une pierre plate ». et le nom du « bruant des roseaux« , que vous pouvez écouter en suivant le lien, qui s’appelle chic dei palus (Gard) ou chic deis sagnos (Bouche-du-Rhône) ou chic bartassier à Toulouse. Voir FEW t. 13, 2, p. 371).
Biais « habileté ». Mot utilisé par les joueurs à la pétanque d’après René Domergue, Avise, la pétanque!. L’ancienneté et la richesse des attestations du type biais et de ses dérivés dans les langues d’oc, sont un fort appui pour supposer une origine occitane du mot français. D’après le FEW il s’agit de epicarsios ( επικαρσιος) « oblique », un des nombreux mots d’origine grecque qui ont radié dans toute la Galloromania et bien au delà, à partir de Marseille1
En occitan moderne biais signifie « inclinaison; tournure d’une affaire, moyen, expédient; habileté ». Biai « esprit, adresse » (Sauvages, S1) qui ajoute la remarque que « biai » se rend en français de bien d’autres manières dont « une bonne tournure, le coup de main » en parlant d’un ouvrage: douna loi biai emb un ouvrajhe.. Il ajoute que biais dans de biais est français, en languedocien on dit de biscaire.
Olivier m’écrit : Ce mot est utilisé aussi pour exprimer l’entente, par ex pour 2 personnes soun dé biais « ils s’entendent bien »
Boulá, bolar, (a)bouler « mesurer les coups au jeu de boules ». (Voir René Domergue, Avise, la pétanque!). A Die bolar « mesurer la distance entre les palets et boules » Schook, bolaire « but, cochonnet (pétanque) » Schook. boulá « mesurer la distance entre les boules et le but » (Schook, Trièves).
Dans le Midi la racine, probablement celtique, est *botina L’étymologie de boulà, bolar mériterait des recherches approfondies1 *Botila est attestée comme bodula dans des textes en latin médiéval de Toulouse et du Limousin. Plusieurs pages avec les variantes dans Ducange , dont:
En ancien occitan existaient existaient : borna, boina, bozola, bodne et bola.Ce dernier surtout en Auvergne. Bola « borne » est attesté chez Borel en 1655.
Mistral nous fournit toute une série de formes des différentes langues d’oc:
En occitan moderne nous retrouvons les mêmes variantes d’après les données très incomplètes du Thesoc : boina* CORREZE, CREUSE DORDOGNE, HAUTE-VIENNE. bòla ALLIER, CORREZE LOT-ET-GARONNE, PUY-DE-DOME. bolièra TARN-ET-GARONNE. bosòla TARN-ET-GARONNE
et le dérivé « borner » : boinar* CREUSE, HAUTE-VIENNE. bolar CORREZE, PUY-DE-DOME. bornar CORREZE, CREUSE
DORDOGNE, HAUTE-VIENNE, PUY-DE-DOME. botar CORREZE.
Une racine gauloise *bodina a été reconstruite à partir du vieux irlandais buden,buiden « troupe, groupe armée », et le gallois byddin. Il reste le problème sémantique; on voit mal le sens « troupe, armée » passer à « borne ». Il y a d’autres racines celtiques qui sont phonétiquement proches comme boduo « combat » et bodio « jaune, brun », mais le passage au sens « borne, limite » n’est pas non plus facile à expliquer.
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